TROP VIEUX POUR TRAVAILLER MAIS TROP JEUNES POUR PARTIR EN RETRAITE OU L’HISTOIRE D’UNE PLACARDISATION ORDINAIRE


Certains seniors à la Ville se retrouvent dans un autre type de souffrance au travail dont on parle moins : le bore-out (expression qui vient du terme anglais «boring» qui veut dire ennuyeux). La situation de bore-out consiste à être épuisé psychologiquement par le manque de travail et de motivation. Les causes diffèrent du burn-out (surcharge de travail) mais cela génère une souffrance au travail comparable.

Comment en sont-ils arrivés là ? Ils sont cadres supérieurs, agents de catégorie B mais peuvent également être en catégorie C. Souvent, ils ne sont pas loin de la retraite, pas assez âgés pour pouvoir partir mais visiblement trop vieux pour qu’on les considère comme des éléments productifs et ils se retrouvent «de facto» dans un «placard». Pour les moins chanceux, il leur est même retiré l’ordinateur et le téléphone. Certes, ils sont rémunérés, mais n’ont quasiment rien à faire.

Certains parlent même avec beaucoup de souffrance «d’errance dans les couloirs». Impression d’inutilité, démotivation, fort sentiment de dévalorisation de soi et dépression qui s’ensuit, sont le lot de ces agents laissés pour compte. Effet pervers, face à des collègues débordés, ils ont honte de dire qu’ils sont payés à ne rien faire et n’osent pas l’exprimer. Comme la mobilité est souvent compliquée pour les seniors face au jeunisme ambiant, ils finissent par se résoudre à vivre «malheureux au travail».

La placardisation serait-elle une solution mise en place par les RH à la Ville pour se débarrasser des agents dont elle n’a plus que faire ? Ou bien n’est-ce qu’un problème d’organisation du travail, de formation et d’anticipation de l’évolution des métiers ?

La DRH veut mettre en place d’ici fin 2018 une information personnalisée pour les agents qui vont partir à la retraite.

Il est temps d’y penser quand on sait que des agents pouvant bénéficier de la carrière longue ne vont partir finalement qu’à 62 ans voire plus parce que personne n’a été capable de leur faire une vraie simulation en temps et en heure tenant compte de leurs absences pour maladie, enfants malades et autres.

Il ne faut pas laisser de faux espoirs aux agents qui sont à leur troisième date de recul de départ à la retraite tenant compte du non suivi des dossiers par manque d’effectifs au bureau des pensions.

La CFTC rappelle que ces situations représentent un risque élevé de congés de maladie, ne vaudrait-il pas mieux redonner une juste place à ces agents qui souvent souhaiteraient faire valoir leur expérience et expertise professionnelle si on leur en laissait la possibilité ?

Malgré l’accord cadre « Ages et Générations », force est de constater que les seniors «ne sont pas à la noce» à la Ville de Paris.

Et quand ils partiront en retraite, épuisés psychologiquement et parfois physiquement, ils se verront gratifiés d’une maigre prime de départ, d’une retraite souvent peu élevée et devront en plus subir le fait que leurs congés soient proratisés l’année de leur départ (pour mémoire, auparavant, les congés de l’année de la cessation d’activité étaient acquis en totalité).

Au mieux, ceux-ci auront droit à une belle photo placardisée sur les panneaux municipaux en guise de remerciement, mais pas de promotion avant la retraite étant donné que la Ville ne souhaite pas mettre en place des ratios promus/promouvables à 100% !

Belle reconnaissance d’une carrière entière au service des parisiens !

La CFTC demande à ce que les seniors soient mieux considérés au sein des administrations parisiennes et qu’un véritable plan de fin de carrière valorisant leur soit enfin proposé !

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