« Inhumations le dimanche » Une réforme à la hussarde et inacceptable !


Nouvelle mobilisation ce lundi 18 mars 2019

Le 13 février dernier, les représentants des organisations syndicales apprenaient de la DEVE le projet d’une « extension des services aux usagers » avec la possibilité d’inhumer le dimanche dans les cimetières parisiens. Cette extension se traduirait par l’ouverture des conservations des cimetières le dimanche matin et des inhumations l’après-midi. Cette nouvelle organisation obligerait des agents à travailler le dimanche avec un système d’astreintes pour les personnels administratifs et les cadres et une augmentation des tâches pour les agents d’accueil et de surveillance.

Les 4 et 11 mars derniers, les agents des cimetières se sont massivement mis en grève pour protester contre ce projet (la presque totalité des agents). Une telle mobilisation démontre l’attachement de ces agents au repos dominical et à leur vie de famille malgré l’argument financier mis en avant par la mairie.

Les 13 et 14 mars, en ne siégeant au comité technique et au CHSCT de la DEVE, la quasi-totalité des organisations syndicales représentées ont une nouvelle fois manifesté clairement leur opposition à cette évolution que l’exécutif compte présenter au Conseil de Paris avant la fin du 1er semestre.

La CFTC s’oppose à cette extension du travail le dimanche et demande le retrait immédiat de ce projet
Il n’y a pas de nécessité à bousculer la pratique des inhumations !

La loi donne la possibilité de procéder à des inhumations du lundi au samedi et permet déjà des dérogations exceptionnelles pour le dimanche ou un jour férié.

À ce jour la Mairie de Paris n’a pas communiqué aux organisations syndicales de besoins chiffrés d’inhumations le dimanche. Or la pratique actuelle accorde six jours pour permettre les inhumations, ce qui répond aujourd’hui à la quasi-totalité des demandes et la loi permet d’éventuelles inhumations exceptionnelles un dimanche ou un jour férié via une dérogation préfectorale accordée dans des « circonstances particulières » et motivées généralement par des considérations religieuses (délais) ou sanitaires (canicule …).

Le repos du dimanche constitue un pilier fondamental de l’équilibre des personnes et de notre société !

Le dimanche est une conquête sociale.

La CFTC s’oppose à l’impératif du travail qui dicterait sa loi à la vie privée Elle défend une conquête sociale inscrite au Code du Travail depuis la loi de 1906 : « Dans l’intérêt des salariés, le repos hebdomadaire est donné le dimanche » (article L 3132-3).

La CFTC souligne la portée du dimanche qui permet de disposer ensemble d’un temps de repos commun au plus grand nombre.

Dans toute société, les personnes doivent pouvoir avoir des temps de repos et de détente nécessaires pour répondre aux besoins familiaux, culturels ou interpersonnels tels que les manifestations sportives ou associatives. Cette capacité est donnée par le choix d’un jour commun, le dimanche, qui permet au plus grand nombre de personnes de se retrouver ensemble.

Pour la CFTC, le travail du dimanche doit rester une exception et uniquement soumise à dérogation car il est souvent porteur de nombreuses contraintes pour ceux qui le vivent.
Le travail du dimanche peut aggraver les situations familiales parfois difficiles que peuvent vivre certains agents. Il peut compliquer la vie de celles et ceux qui veulent pleinement profiter de leur week-end. La disponibilité des transports n’est pas toujours aussi grande qu’en semaine surtout pour les agents vivant loin (plus de 60 % des effectifs municipaux). Les éventuelles rémunérations proposées peuvent être insuffisantes pour compenser le temps nécessaire à la détente et pour les familles les possibles coûts de gardes engendrés par ces absences.

La CFTC défend le repos du dimanche qui est un enjeu de société. Toute entorse à ce repos fragilise à terme la cohésion sociale.

La CFTC réaffirme son opposition à toute généralisation du travail du dimanche et particulièrement à toute extension abusive comme dans le cas précis des inhumations.

La CFTC s’oppose à toute forme de dérive que ce soit pour répondre à des considérations économiques ou à des demandes particulières qui ne vont pas dans le sens de l’intérêt général et du bien commun.

Plus on touchera au dimanche, plus on fragilisera la position des agents qui ne sont pas encore concernés. Ce qui est présenté au départ comme une exception pourrait devenir la norme. Aux astreintes exceptionnelles pourraient succéder des cycles de travail obligatoires pour les agents. Toute banalisation pourrait se répercuter sur d’autres activités. Demain : l’ouverture des crématoriums ? celles des mairies d’arrondissement pour les mariages et les unions civiles ? et enfin celles des crèches pour les parents qui travailleraient ? Derrière la question du travail du dimanche, se joue une partie de l’équilibre de nos vies pour chacune et chacun d’entre nous et nos familles.

Non à la banalisation du travail le dimanche !

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.